Carte de visite d'Orp-Jauche
Carte de visite d'Orp-Jauche
L'histoire de l'entité d'Orp-Jauche se confond, bien évidemment, avec celle des villages qui la composent. Tous ont un passé riche et souvent très lointain. Ce chapitre se propose d'évoquer quelques éléments significatifs de l'histoire de chacun de ces villages. Il n'a donc aucunement la prétention d'épuiser le sujet.
A. ENINES
Le village d'Enines constitue la partie la plus occidentale de l'entité. Il est installé sur un plateau élevé qui domine au nord-ouest la vallée de la Petite Gette. Le nom du village, qui s'écrivait dans le passé, entre autres, Anines, Ayninne, Hennines ou encore Ennines, dériverait de l'idiome parlé jadis par les habitants du lieu. Si Enines ne présente plus de nos
jours de vestiges d'un passé remarquable, c'est cependant une localité très ancienne qui regroupait jadis une population imposante, si l'on s'en réfère aux nombreuses tombes de la nécropole mise au jour au XIXe siècle. Par ailleurs, la récente découverte de l'enceinte d'un village néolithique atteste de l'occupation du site à cette époque lointaine (+/- 4000 ans avant Jésus-Christ).
Au Moyen Age, Enines faisait partie de la mairie de Jandrain et comptait au moins une seigneurie (certains auteurs parlent de deux ou trois). Elle relevait du chapitre de l'abbaye de Fosses qui possédait à Enines déjà des biens au XIIe siècle. Au cours de la dernière décennie
du XVIIe siècle, Enines eut beaucoup à souffrir des guerres de Louis XIV. Pillages, incendies et réquisitions furent alors le lot de ses malheureux habitants. Ce village est aujourd'hui une localité de faible importance. Ses habitations sont dispersées sur une importante étendue et ne forment ni coeur d'une agglomération, ni hameaux.
C'est à Enines que se trouve le point culminant (150m) de l'entité d'Orp-Jauche. Il n'est donc pas étonnant que l'on ait construit à Enines un moulin à vent qui a hélas disparu vers 1900. Sur le plan économique, Enines était et reste un village voué à l'agriculture. Il eut pourtant, au siècle dernier, d'autres cordes à son arc. Exploitant la qualité de l'argile de leur sol, des habitants d'Enines furent en effet, à partir du milieu du XIXe siècle, des spécialistes reconnus de la fabrication de la tuile et de la brique. Cette activité appartient aujourd'hui au passé et le dernier patron tuilier est mort centenaire à la fin du siècle passé.
jours de vestiges d'un passé remarquable, c'est cependant une localité très ancienne qui regroupait jadis une population imposante, si l'on s'en réfère aux nombreuses tombes de la nécropole mise au jour au XIXe siècle. Par ailleurs, la récente découverte de l'enceinte d'un village néolithique atteste de l'occupation du site à cette époque lointaine (+/- 4000 ans avant Jésus-Christ).
Au Moyen Age, Enines faisait partie de la mairie de Jandrain et comptait au moins une seigneurie (certains auteurs parlent de deux ou trois). Elle relevait du chapitre de l'abbaye de Fosses qui possédait à Enines déjà des biens au XIIe siècle. Au cours de la dernière décennie
du XVIIe siècle, Enines eut beaucoup à souffrir des guerres de Louis XIV. Pillages, incendies et réquisitions furent alors le lot de ses malheureux habitants. Ce village est aujourd'hui une localité de faible importance. Ses habitations sont dispersées sur une importante étendue et ne forment ni coeur d'une agglomération, ni hameaux.
C'est à Enines que se trouve le point culminant (150m) de l'entité d'Orp-Jauche. Il n'est donc pas étonnant que l'on ait construit à Enines un moulin à vent qui a hélas disparu vers 1900. Sur le plan économique, Enines était et reste un village voué à l'agriculture. Il eut pourtant, au siècle dernier, d'autres cordes à son arc. Exploitant la qualité de l'argile de leur sol, des habitants d'Enines furent en effet, à partir du milieu du XIXe siècle, des spécialistes reconnus de la fabrication de la tuile et de la brique. Cette activité appartient aujourd'hui au passé et le dernier patron tuilier est mort centenaire à la fin du siècle passé.
B. FOLX-LES-CAVES
Formant le quartier sud-ouest d'Orp-Jauche, le village de Folx-les-Caves est accroché aux pentes du petit plateau qui domine légèrement la rive orientale de la Petite Gette. De Foul au XIIIe siècle à Folx-les-Caves aujourd'hui,
en passant, entre autres, par Fool, Folz, Foulx ou Fooz, l'orthographe du nom du village a souvent varié au cours des siècles. Pour éviter des confusions avec d'autres localités, on y a parfois ajouté un complément. C'est ainsi qu'on trouve Foul en Brabant, Fooz de Jauche ou encore Folz-les-Caves par adjonction du nom du hameau qui regroupait jadis quelques métairies à proximité de la route menant à Jauche. Folx aurait, selon Tarlier et Wauters, été utilisé pour la première fois en 1709. Cette dénomination ou sa variante Fooz dériverait du latin fossa (carrières) ou fauces (gorge, gouffre ou passage étroit), ce qui s'expliquerait par la présence dans le sous-sol de la localité de vastes carrières (dont question à la page 17).
en passant, entre autres, par Fool, Folz, Foulx ou Fooz, l'orthographe du nom du village a souvent varié au cours des siècles. Pour éviter des confusions avec d'autres localités, on y a parfois ajouté un complément. C'est ainsi qu'on trouve Foul en Brabant, Fooz de Jauche ou encore Folz-les-Caves par adjonction du nom du hameau qui regroupait jadis quelques métairies à proximité de la route menant à Jauche. Folx aurait, selon Tarlier et Wauters, été utilisé pour la première fois en 1709. Cette dénomination ou sa variante Fooz dériverait du latin fossa (carrières) ou fauces (gorge, gouffre ou passage étroit), ce qui s'expliquerait par la présence dans le sous-sol de la localité de vastes carrières (dont question à la page 17).
Le village, qui autrefois appartenait à la mairie de Geest-Gérompont, a un passé ancien puisqu'on y a découvert, au lieu-dit Tombois, un cimetière franc. Son existence est attestée pour la première fois dans un document datant du XIIIe siècle. Une famille de chevaliers portant le nom du village, les de Foul, résidait alors à Folx et le chapitre Saint-Denis de Liège y possédait le domaine le plus important de la localité. Le seigneur de Jauche, en qualité d'avoué du chapitre, et le duc de Brabant s'y partageaient l'exercice de la Justice. Il y avait donc le "Folx du duc" et le "Folx de Jauche". Cette situation perdurera plusieurs siècles et finalement en 1648, Guillaume de Cottereau, baron de Jauche, rachètera la part du duc. D'autres seigneurs eurent leur résidence à Folx-les-Caves tels, par exemple, les de Glimes qui possédaient en 1542 ce qui est devenu la ferme Vleminckx ou encore les Le Rousseau qui étaient au XVIIe siècle propriétaires de la seigneurie de Heusbeek ou Husbeck, actuellement ferme de la Vallée. Durant le XIIIe siècle, l'abbaye de Villers acquit des biens dans le village ainsi que le patronat de son église.
Au cours des siècles, notamment au XVe et au XVIIe siècles, Folx reçut la visite d'armées de passage et dut parfois subir les méfaits et les vexations de la soldatesque. Lors de la bataille de Ramillies en 1706, le village fut soumis au feu des batteries d'artillerie françaises, qui lui infligèrent des dégâts considérables. Folx-les-Caves conserve aujourd'hui une vocation essentiellement agricole. Il connut toutefois dans le passé une certaine activité industrielle. Celle-ci s'est surtout développée au XIXe et au XXe siècles. La plus ancienne est sans conteste l'extraction de la marne mais Folx-les-Caves, bien connu pour sa production de champignons, a aussi eu sur son territoire une batterie de chanvre transformée en moulin à farine, des carrières de sable et de pierre à pavés, une brasserie et une tannerie. Tout cela a maintenant complètement disparu.
Au cours des siècles, notamment au XVe et au XVIIe siècles, Folx reçut la visite d'armées de passage et dut parfois subir les méfaits et les vexations de la soldatesque. Lors de la bataille de Ramillies en 1706, le village fut soumis au feu des batteries d'artillerie françaises, qui lui infligèrent des dégâts considérables. Folx-les-Caves conserve aujourd'hui une vocation essentiellement agricole. Il connut toutefois dans le passé une certaine activité industrielle. Celle-ci s'est surtout développée au XIXe et au XXe siècles. La plus ancienne est sans conteste l'extraction de la marne mais Folx-les-Caves, bien connu pour sa production de champignons, a aussi eu sur son territoire une batterie de chanvre transformée en moulin à farine, des carrières de sable et de pierre à pavés, une brasserie et une tannerie. Tout cela a maintenant complètement disparu.
C. JANDRAIN-JANDRENOUILLE
Jandrain-Jandrenouille, le village le plus important de l'entité par la superficie, forme la partie sud-orientale de l'entité. Le territoire de Jandrain, coupé selon un axe sud-nord par le petit ruisseau du Picomont, forme un vaste plateau bordé au nord-ouest par la Petite Gette, dans la vallée de laquelle se trouvent une ferme et un moulin, seules constructions restantes d'un petit hameau appelé Jauche-la-Marne. Au sud de Jandrain, au-delà de la crête qui porte le château d'eau, Jandrenouille, l'autre partie du village, se blottit au milieu d'une légère dépression. C'est en 855 que le nom de Jandrain apparaît pour la première fois sous la forme latinisée de Gundrinium. Avant de devenir Jandrain, le nom du village s'écrira, au cours des siècles, de différentes manières comme Jandren, Jandrine, Jangdraine ou encore Jaindrain pour ne citer que
celles-là. Jandrenouille serait un diminutif de Jandrain et, pour lui aussi, l'orthographe a évolué.
Ainsi on trouve, entre autres, Jandrinul, Jandernoul, Jandrignoule; quant au nom du hameau de Jauche-la-Marne, il s'est jadis écrit Jauche-le-Male, c'est-à-dire Jauche-la-Mauvaise, ou Jauche-la-Mavayse ou encore Jauche-le-Maule qui est resté de nos jours l'appellation wallonne de ce coin isolé. La découverte de puits d'extraction de silex permet d'affirmer que des hommes du néolithique ont vécu sur le territoire de Jandrain. L'ancienneté du village lui-même est attestée par les substructures, briques et tuiles ainsi que par les tombes qu'on y a découvertes. Selon Tarlier et Wauters, le village de Gundrin, dont il est question dans un acte daté de 855 par lequel l'empereur Lothaire Ier fait don à son fidèle vassal Ebroïn de quelques biens sis dans ce village, serait, plus que probablement, Jandrain. Plus tard, toute la juridiction à Jandrain et Jandrenouille fut la propriété des ducs de Brabant mais les Seigneurs de Jauche avaient quelques droits dans la première des deux localités. Les ducs firent de Jandrain une chef-mairie dont dépendaient, entre autres, Jandrenouille, Marilles, Nodrenge et Enines. Le niveau élevé des revenus perçus au XIIIe siècle par le duc, donne une idée de l'importance, à l'époque, de Jandrain et de son hameau de Jauche-la-Marne. La prospérité du village pourrait expliquer sa désignation comme cheflieu
de mairie.
A de nombreuses reprises, Jandrain vécut des jours très sombres. Il fut détruit en 1334 lors de la guerre entre le Brabant et le pays de Liège. Il fut dévasté en 1402 par le sire de Houffalize. Il fut complètement ravagé à la fin du XVe siècle et de nombreuses habitations restèrent alors longtemps en ruines ou à l'abandon. Si, à son début, le XVIIe siècle ramena le calme et un peu de prospérité, il s'acheva plutôt mal car les guerres de Louis XIV causèrent à nouveau, entre 1689 et 1695, d'importants dégâts à Jandrain. Jandrenouille subit un sort identique en 1693. Le début du XVIIIe siècle ne fut pas plus heureux car le village fut alors, pendant plusieurs années, occupé par les armées franco-espagnoles. La situation était à ce point difficile qu'en 1706 les terres restèrent en friche. Au Moyen Age et à l'époque moderne, Jandrain et Jandrenouille se partageaient entre plusieurs seigneuries et communautés religieuses. On sait déjà que les ducs de Brabant y avaient des
droits. A Jandrain, les de Wavre, vassaux ducaux avaient, à l'époque des croisades, d'importantes propriétés. En 1187, ils en firent don à l'abbaye d'Heylissem qui, complétant ce don par des acquisitions, devint propriétaire dans le village d'un vaste domaine et ce pour des siècles. L'abbaye de Gembloux, qui avait reçu un alleu sis à Jandrenouille, y accrût ses propriétés à partir du XIe siècle par des acquisitions successives. L'abbaye Sainte Gertrude de Louvain détenait, elle, un
grand fief à Jandrain et l'Abbaye de Villers y avait également quelques biens. Enfin, le monastère de La Ramée possédait, depuis le XIIIe siècle, des terres dans les deux villages. Les familles de Chentinne et de Hemptinne furent aussi propriétaires à Jandrain, sans oublier les Seigneurs de Jauche dont un descendant, Guillaume de Cottereau, rachètera en 1650 les droits ducaux à Jandrain et à Jandrenouille. On peut donc dire que c'est depuis cette époque que les deux villages partagent un sort commun. Celui-ci sera officialisé par le décret du 14 juillet 1812 consacrant leur fusion. Jandrain eut aussi ses seigneurs, ses familles nobles, comme par exemple, celle qui portait le nom du village et dont faisait partie au XIIIe siècle le Chevalier Godefroid Vellart de Jandrain. Cette famille posséda longtemps dans le village des tenures féodales. Aux XIXe et XXe siècles, la famille de Partz de Courtray résidait à Jandrain dans une imposante demeure, appelée château de Jandrain, bâtie vers 1810 et rasée en 1955.
De nos jours, Jandrain-Jandrenouille est resté le village voué à l'agriculture qu'il était depuis des siècles. Des deux brasseries et des trois moulins, farinier, pressoir à huile, et batterie de chanvre qui existaient encore au XIXe siècle, seul subsiste le moulin à farine (voir page 35) mais il n'est plus en activité.
D. JAUCHE
Situé entre Enines à l'ouest et Jandrain-Jandrenouille à l'est, le village de Jauche est installé dans la vallée de la Petite Gette et sur les coteaux, en particulier le coteau occidental de cette rivière qui, en amont de Jauche-la-Marne, s'appelle aussi la Jauce. Le village dont le nom s'orthographia jadis Gyaz, Jace, Jeace ou encore Jauce, a, on l'aura deviné, pris le nom de la rivière qui l'arrose. On a parfois jugé utile d'adjoindre un qualificatif à son nom et de parler de Jauche-le-Grand pour le distinguer de la localité de Jauchelette ou Petit-Jauche ou encore du hameau de Jauche-la-Marne sous Jandrain.
L'ancienneté du village est incontestable. Les fouilles, en 1869, d'une importante et curieuse nécropole, dans laquelle on inhumait encore à l'époque où les Francs se fixèrent dans la région, ont permis de retrouver toute une série d'objets des âges de la pierre, du bronze et du fer qui apportent la preuve de cette ancienneté.
Vers l'an 1100, Jauche devint le siège d'une baronnie dont les seigneurs allaient marquer pendant des siècles l'histoire de la localité. Quatre familles vont se succéder à la seigneurie de Jauche. Il y eut tout d'abord les de Jauche de la fin du XIe au début du XVIe siècle. Ce sont les de Jauche qui feront construire le premier château féodal. Vinrent ensuite, à partir de 1517, les de Cottereau qui édifièrent le magnifique château renaissance dont le pavillon d'entrée existe toujours aujourd'hui sur la Grand-Place du village (voir page 19). La terre de Jauche passa, par après, aux de Berlaymont de la Chapelle et du Saint-Empire et enfin aux Van der Meer, ces deux familles se succédant de 1756 à 1792. Les Seigneurs de Jauche, qui, par des alliances matrimoniales heureuses, étaient devenus détenteurs de biens et droits importants en Brabant, en Hainaut et dans le Namurois, réussiront à préserver pendant plusieurs siècles leur patrimoine brabançon, en léguant à leurs fils cadets et à leurs filles d'autres de leurs biens ou en les casant dans des institutions religieuses. Plusieurs descendants devinrent archidiacres de l'église Saint-Denis à Liège ou abbesses de Nivelles. Les premiers seigneurs de Jauche se montrèrent parfois des vassaux peu dociles, exploitant très habilement la situation stratégique de leur domaine sis aux confins du duché de Brabant, du comté de Namur et de la principauté de Liège, pour s'assurer une certaine indépendance voire même pour étendre leurs droits. C'est probablement pour les punir de leur esprit frondeur que le duc de Brabant vint, en 1183, détruire le château de Jauche. Quoiqu'il en soit, les barons jauchois semblent avoir été des seigneurs respectés, voire même craints, par leurs pairs et leur suzerain. Certains auteurs prétendent d'ailleurs que c'est pour contrer l'influence de ces puissants vassaux que le duc de Brabant accorda de grands privilèges aux villages de ses domaines sis à proximité de Jodoigne.
Certains membres de la lignée qui succéda aux de Jauche jouèrent également un rôle important à la cour féodale du Brabant. C'est, par exemple, dans l'hôtel bruxellois (au coin de la rue de Namur et de la rue des Petits Carmes) du seigneur de Jauche, Jean de Cottereau, que seront attirés, pour y être arrêtés par le duc d'Albe en septembre 1567, les comtes d'Egmont et de Hornes. A côté de cette puissante baronnie, il existait dans le village de Jauche, au fief de Mont-à-Jauche,
trois autres petites seigneuries : Pinchart, Malherbe et Vaulx dont il ne reste aucune trace aujourd'hui. Assez curieusement, alors que Jauche était le siège d'une mairie, Mont-à-Jauche relevait encore au début du XVIe siècle de la mairie de Jandrain. Comme tous les villages de l'entité, la franche ville de Jauche, comme l'appelaient ses échevins au Moyen Age, eut à souffrir des guerres et du cortège de misères qu'elles traînent derrière elles. Les campagnes de Maximilien d'Autriche à la fin du XIVe siècle, celles de Philippe II au début du XVe et de Louis XIV au XVIIe siècle, furent pour Jauche synonymes de ruines, de pillages et d'exactions diverses. A plusieurs reprises, au cours de la même période, le château fut le siège
du quartier-général de l'un ou l'autre belligérant et ses vastes bâtiments servirent de casernement pour la troupe. A partir de 1704, on construisit à Jauche de nombreuses habitations sur des terrains que le seigneur cédait à cette fin à des conditions très avantageuses. Après l'invasion en 1792 et l'annexion en 1795 (an IV du calendrier républicain) de notre pays par la France, Jauche devint, dans le département de la Dyle, le chef-lieu d'un canton qui, outre quelques localités voisines,
regroupait tous les villages de l'entité d'Orp-Jauche. Ce canton sera supprimé en l'an X et remplacé par le canton de Jodoigne.
Plusieurs institutions religieuses eurent des biens à Jauche. L'abbaye de Salzinnes y reçut une donation au début du XIIIe siècle. L'abbaye d'Heylissem y partagea un temps avec l'abbaye d'Averbode, avant de devenir seule propriétaire, le patronat de l'église et la perception de la dîme. Les dons de quelques membres de la famille de Jauche lui permettront d'y augmenter ses possessions. Enfin, l'abbaye de la Ramée, que Gérard de Jauche fonda au début du XIIIe siècle sur ses terres de Jauchelette, fut également l'objet des largesses de ce seigneur. Au plan économique, Jauche était jusqu'au début du XIXe siècle, une localité à vocation agricole où l'on comptait, toutefois, deux brasseries, une tannerie et deux moulins dont un à huile. Au XIXe siècle, le village connaîtra un certain développement industriel favorisé en 1865 par la création de la ligne de chemin de fer Tamines-Landen : les ateliers de ferronnerie Minsier, la laiterie l'"Alliance" qui deviendra la laiterie-fromagerie Gervais avant de fusionner en 1967 avec Danone, l'usine à gaz qui fut en activité de 1905 à 1931 et les ateliers de constructions métalliques Decoux ont marqué l'activité économique dans le village. Tout cela appartient
maintenant au passé. Aujourd'hui, à côté de quelques rares fermes, deux entreprises de création plus récentes s'y sont installées; l'une produit du foie gras et du magret de canard et l'autre se livre à la fabrication d'appareils électroménagers.
L'ancienneté du village est incontestable. Les fouilles, en 1869, d'une importante et curieuse nécropole, dans laquelle on inhumait encore à l'époque où les Francs se fixèrent dans la région, ont permis de retrouver toute une série d'objets des âges de la pierre, du bronze et du fer qui apportent la preuve de cette ancienneté.
Vers l'an 1100, Jauche devint le siège d'une baronnie dont les seigneurs allaient marquer pendant des siècles l'histoire de la localité. Quatre familles vont se succéder à la seigneurie de Jauche. Il y eut tout d'abord les de Jauche de la fin du XIe au début du XVIe siècle. Ce sont les de Jauche qui feront construire le premier château féodal. Vinrent ensuite, à partir de 1517, les de Cottereau qui édifièrent le magnifique château renaissance dont le pavillon d'entrée existe toujours aujourd'hui sur la Grand-Place du village (voir page 19). La terre de Jauche passa, par après, aux de Berlaymont de la Chapelle et du Saint-Empire et enfin aux Van der Meer, ces deux familles se succédant de 1756 à 1792. Les Seigneurs de Jauche, qui, par des alliances matrimoniales heureuses, étaient devenus détenteurs de biens et droits importants en Brabant, en Hainaut et dans le Namurois, réussiront à préserver pendant plusieurs siècles leur patrimoine brabançon, en léguant à leurs fils cadets et à leurs filles d'autres de leurs biens ou en les casant dans des institutions religieuses. Plusieurs descendants devinrent archidiacres de l'église Saint-Denis à Liège ou abbesses de Nivelles. Les premiers seigneurs de Jauche se montrèrent parfois des vassaux peu dociles, exploitant très habilement la situation stratégique de leur domaine sis aux confins du duché de Brabant, du comté de Namur et de la principauté de Liège, pour s'assurer une certaine indépendance voire même pour étendre leurs droits. C'est probablement pour les punir de leur esprit frondeur que le duc de Brabant vint, en 1183, détruire le château de Jauche. Quoiqu'il en soit, les barons jauchois semblent avoir été des seigneurs respectés, voire même craints, par leurs pairs et leur suzerain. Certains auteurs prétendent d'ailleurs que c'est pour contrer l'influence de ces puissants vassaux que le duc de Brabant accorda de grands privilèges aux villages de ses domaines sis à proximité de Jodoigne.
Certains membres de la lignée qui succéda aux de Jauche jouèrent également un rôle important à la cour féodale du Brabant. C'est, par exemple, dans l'hôtel bruxellois (au coin de la rue de Namur et de la rue des Petits Carmes) du seigneur de Jauche, Jean de Cottereau, que seront attirés, pour y être arrêtés par le duc d'Albe en septembre 1567, les comtes d'Egmont et de Hornes. A côté de cette puissante baronnie, il existait dans le village de Jauche, au fief de Mont-à-Jauche,
trois autres petites seigneuries : Pinchart, Malherbe et Vaulx dont il ne reste aucune trace aujourd'hui. Assez curieusement, alors que Jauche était le siège d'une mairie, Mont-à-Jauche relevait encore au début du XVIe siècle de la mairie de Jandrain. Comme tous les villages de l'entité, la franche ville de Jauche, comme l'appelaient ses échevins au Moyen Age, eut à souffrir des guerres et du cortège de misères qu'elles traînent derrière elles. Les campagnes de Maximilien d'Autriche à la fin du XIVe siècle, celles de Philippe II au début du XVe et de Louis XIV au XVIIe siècle, furent pour Jauche synonymes de ruines, de pillages et d'exactions diverses. A plusieurs reprises, au cours de la même période, le château fut le siège
du quartier-général de l'un ou l'autre belligérant et ses vastes bâtiments servirent de casernement pour la troupe. A partir de 1704, on construisit à Jauche de nombreuses habitations sur des terrains que le seigneur cédait à cette fin à des conditions très avantageuses. Après l'invasion en 1792 et l'annexion en 1795 (an IV du calendrier républicain) de notre pays par la France, Jauche devint, dans le département de la Dyle, le chef-lieu d'un canton qui, outre quelques localités voisines,
regroupait tous les villages de l'entité d'Orp-Jauche. Ce canton sera supprimé en l'an X et remplacé par le canton de Jodoigne.
Plusieurs institutions religieuses eurent des biens à Jauche. L'abbaye de Salzinnes y reçut une donation au début du XIIIe siècle. L'abbaye d'Heylissem y partagea un temps avec l'abbaye d'Averbode, avant de devenir seule propriétaire, le patronat de l'église et la perception de la dîme. Les dons de quelques membres de la famille de Jauche lui permettront d'y augmenter ses possessions. Enfin, l'abbaye de la Ramée, que Gérard de Jauche fonda au début du XIIIe siècle sur ses terres de Jauchelette, fut également l'objet des largesses de ce seigneur. Au plan économique, Jauche était jusqu'au début du XIXe siècle, une localité à vocation agricole où l'on comptait, toutefois, deux brasseries, une tannerie et deux moulins dont un à huile. Au XIXe siècle, le village connaîtra un certain développement industriel favorisé en 1865 par la création de la ligne de chemin de fer Tamines-Landen : les ateliers de ferronnerie Minsier, la laiterie l'"Alliance" qui deviendra la laiterie-fromagerie Gervais avant de fusionner en 1967 avec Danone, l'usine à gaz qui fut en activité de 1905 à 1931 et les ateliers de constructions métalliques Decoux ont marqué l'activité économique dans le village. Tout cela appartient
maintenant au passé. Aujourd'hui, à côté de quelques rares fermes, deux entreprises de création plus récentes s'y sont installées; l'une produit du foie gras et du magret de canard et l'autre se livre à la fabrication d'appareils électroménagers.
E. MARILLES - NODRENGE
Sis au nord de Jauche, le village de Marilles forme avec son hameau de Nodrenge le quartier nordouest de l'entité, entre Enines au sud-ouest et Noduwez au nord. Il est établi sur une faible hauteur que découpent, en courant vers le nord, les petits ruisseaux qui y prennent leur source, comme le Mosembais, le ruisseau du village ou celui de Gollard. De Maruiles à Marilles en passant, entre autres, par Mariles, Marioles ou Marieles, le nom du Village a subi peu de modifications au cours des siècles. Marilles dériverait de marais ou marécages. Quant à Nodrenge, qui jadis s'est écrit, par exemple, Nordrenge, Nuadrenge, Nordreinghe et en flamand Norderinghen, l'origine de son nom pourrait être germanique.
Marilles et Nodrenge datent d'une époque très ancienne et toute une série de fouilles opérées sur le territoire du village et de son hameau ont permis de conclure à une occupation certaine du site à la période néolithique (+/- 4.000 avant JC), voire même plus tôt encore. Elles ont aussi livré des traces ou objets de l'âge du fer, de la période gallo-romaine (monnaies et four de tuilier) et de la période franque (cimetières mérovingiens). Jusqu'il y a peu, Marilles conservait aussi les restes d'une motte féodale.
Au début du XIIe siècle, Marilles faisait partie du duché de Brabant. Nodrenge, par contre, était alors la propriété du chapitre de Saint-Lambert de Liège, dont les avoués n'étaient autres que les seigneurs de Jauche. En 1216, l'un d'eux, Gérard de Jauche, fit don des dîmes de Marilles et Nodrenge à l'abbaye de la Ramée qu'il venait de fonder à Jauchelette. A cette époque, l'autorité seigneuriale à Marilles et Nodrenge était passée aux ducs de Brabant. En 1204, le duc Henri 1er
signa une charte qui exonérait ses sujets de Marilles et de Nodrenge d'un certain nombre de taxes. A la fin du XIIIe siècle, Marilles relevait de la mairie de Jandrain. Le village et son hameau connurent aussi leur lot de malheurs. Lors des guerres de Maximilien d'Autriche à la fin du XVe siècle, Marilles fut dévasté et son église incendiée. En 1545, une épidémie de peste décima sa population. Ce fléau ainsi que les troubles et conflits, qui secouèrent la région au XVe siècle, amenèrent en 1582 les habitants à abandonner le village. Le XVIIe siècle ne fut guère plus calme. En 1635, l'armée franco-hollandaise, après avoir pillé Tirlemont et assiégé Louvain sans succès, vint dévaster Marilles et incendier son église. En 1649, les Lorrains, qui campaient à Jodoigne, firent de même. Enfin, entre 1689 et 1693, Marilles dut encore subir vexations, réquisitions et pillages du fait, entre autres, des troupes françaises.
Entre-temps, vers 1650, Marilles et Nodrenge avaient été en quelque sorte réunis en une seule commune. Le village et son hameau avaient en effet, depuis cette époque, les même seigneurs: les Drouhot et Blondeel-Drouhot. Cette fusion sera confirmée en 1795 après l'annexion de la Belgique par la France.
Des familles nobles portèrent jadis le nom de Marilles ou d'un des lieux-dits du village. Philippe, avoué de Marilles, Henri de Marilles, fils de Baudouin de Marilles et Robert de Marilles, qui vécurent aux XIIe et XIIIe siècles, sont tous issus de la même lignée de chevaliers. Il y eut aussi sire Jean "noble homme de Brehen", décédé en 1274, qui résidait dans la ferme seigneuriale du même nom. Lorsqu'ils devinrent les Seigneurs de Marilles et Nodrenge, les Drouhot se firent construire un château à Nodrenge, non loin de l'actuelle rue du Village. La ferme de Brehen, qu'ils avaient acquise, perdit alors son statut de résidence seigneuriale. Au plan économique, le village de Marilles-Nodrenge a de tout temps été voué à l'agriculture.
Il l'est encore aujourd'hui.
signa une charte qui exonérait ses sujets de Marilles et de Nodrenge d'un certain nombre de taxes. A la fin du XIIIe siècle, Marilles relevait de la mairie de Jandrain. Le village et son hameau connurent aussi leur lot de malheurs. Lors des guerres de Maximilien d'Autriche à la fin du XVe siècle, Marilles fut dévasté et son église incendiée. En 1545, une épidémie de peste décima sa population. Ce fléau ainsi que les troubles et conflits, qui secouèrent la région au XVe siècle, amenèrent en 1582 les habitants à abandonner le village. Le XVIIe siècle ne fut guère plus calme. En 1635, l'armée franco-hollandaise, après avoir pillé Tirlemont et assiégé Louvain sans succès, vint dévaster Marilles et incendier son église. En 1649, les Lorrains, qui campaient à Jodoigne, firent de même. Enfin, entre 1689 et 1693, Marilles dut encore subir vexations, réquisitions et pillages du fait, entre autres, des troupes françaises.
Entre-temps, vers 1650, Marilles et Nodrenge avaient été en quelque sorte réunis en une seule commune. Le village et son hameau avaient en effet, depuis cette époque, les même seigneurs: les Drouhot et Blondeel-Drouhot. Cette fusion sera confirmée en 1795 après l'annexion de la Belgique par la France.
Des familles nobles portèrent jadis le nom de Marilles ou d'un des lieux-dits du village. Philippe, avoué de Marilles, Henri de Marilles, fils de Baudouin de Marilles et Robert de Marilles, qui vécurent aux XIIe et XIIIe siècles, sont tous issus de la même lignée de chevaliers. Il y eut aussi sire Jean "noble homme de Brehen", décédé en 1274, qui résidait dans la ferme seigneuriale du même nom. Lorsqu'ils devinrent les Seigneurs de Marilles et Nodrenge, les Drouhot se firent construire un château à Nodrenge, non loin de l'actuelle rue du Village. La ferme de Brehen, qu'ils avaient acquise, perdit alors son statut de résidence seigneuriale. Au plan économique, le village de Marilles-Nodrenge a de tout temps été voué à l'agriculture.
Il l'est encore aujourd'hui.
F. NODUWEZ-LIBERTANGE
A cheval sur l'autoroute Bruxelles-Liège, le village de Noduwez et son hameau de Libertange occupent la partie septentrionale du territoire d'Orp-Jauche. Noduwez s'étend sur les deux versants de la vallée évasée où coule le ruisseau de Gollard qui, après avoir reçu sur sa gauche les eaux du ruisseau de Piétrain, devient le ruisseau des Rollaines. Séparé de Noduwez par une colline qui le masque complètement, le hameau de Libertange est installé, au nord-est du village, dans un vallon en bordure de la Petite Gette. Si nos ancêtres semblent avoir eu des difficultés pour s'accorder sur l'orthographe du nom de Noduwez, on remarquera que la prononciation en est restée quasi identique, qu'il s'agisse de Nodoweiss, Nodues, Noduez, Noduvez, Nodeweez, Nodewez ou Nodwé, l'appellation wallonne, pour ne citer que ces noms-là.
Selon Tarlier et Wauters, l'étymologie la plus acceptable fait dériver Noduwez des mots “noa” ou “noe” qui signifie prairie et de “wez”, c'est-à-dire gué. Noduwez voudrait donc dire gué dans la prairie.
Quant à Libertange, qu'on écrivait par exemple dans le passé Libretinges, Libertainnes, Libertenge, Libertignie, son nom signifie la Maison de Libert. Les révélations que le sol de Noduwez nous a faites, en particulier les objets de l'âge de la pierre qu'il nous a livrés, permettent de conclure à une occupation du territoire du village par les hommes du néolithique (+/- 4000 ans avant JC). Au XIIe siècle, Noduwez et Libertange, qui constituaient deux villages distincts dépendant de la chef-mairie d'Orp-le-Grand, relevaient de l'autorité du duc de Brabant. Celui-ci, au début du XIIIe siècle, libéra les habitants des deux localités des taxes serviles. Au cours des siècles, Noduwez connut quelques années pénibles durant lesquelles ses habitants subirent le pillage, l'incendie ou le saccage de leur village, ou encore furent frappés par l'épidémie.
A titre d'exemples : en 1466, au lendemain de la victoire de Philippe le Bon à Montenaken, le village est incendié; en 1597, il est frappé par la peste; en 1635, il est dévasté comme Marilles par l'armée franco-hollandaise; à la fin du XVIIe siècle, lors des guerres de Louis XIV, il est à nouveau saccagé et son église incendiée...
Au Moyen Age et à l'époque moderne, plusieurs propriétaires fonciers se partageaient la terre de Noduwez. Les ducs de Brabant y détenaient certains biens. Quelques seigneuries, dont la plus importante était celle de Gollart (Gollard) (voir pg 23), y possédaient un domaine. Le reste était, la plupart du temps depuis le XIIe siècle, la propriété d'institutions religieuses, comme les abbayes d'Heylissem, de la Ramée, de Villers et les chapitres de Saint-Lambert ou de Saint-Jean l'Evangéliste, tous deux de Liège. Au début du XVIIe siècle, les biens et droits de la couronne ducale furent vendus au Seigneur de Gollart. Libertange, où le duc de Brabant possédait aussi quelques prairies, fut pendant des siècles un domaine privé. Par donations et échanges, l'abbaye d'Heylissem en devint propriétaire au XIIIe siècle. En 1626, la juridiction de Libertange passa à Philippe Van Vlierden. Elle sera cédée en 1648 à Jean d'Argenteau, seigneur de Linsmeau. Elle passera, ensuite, successivement aux familles Le Roy (d'Euleghem), Le Roux, Le Roy (de Bindervelt), d'Arrazola d'Ognate et, en dernier lieu, à la fin du XVIIIe siècle, au baron de Nicolaerts, dernier Seigneur de Libertange. Au tout début du XIIIe siècle, une église-annexe de celle de Noduwez, la chapelle Saint-Nicolas, avait été érigée à Libertange. Cet oratoire, qu'un cimetière ceinturait, fut fermé sous le régime français et finalement démoli en 1832. Libertange fut définitivement rattaché à Noduwez
en 1794 (An III). De 1824 à 1893, Noduwez-Libertange et Linsmeau formèrent une seule commune dont le siège administratif était installé à Libertange.
La vocation économique du village a, de tout temps, été et est encore essentiellement agricole. Noduwez connut toutefois, au XIXe siècle, une activité originale, à savoir le tissage à domicile qui vaudra aux habitants du village le surnom wallon de "Vis Tècheus" (Vieux Tricoteurs). En 1867, plus de cent cinquante Noduwéziens exerçaient le métier de tisserand. Celui-ci, nourrissant difficilement son homme, régressa à la fin du XIXe siècle et disparut vers 1910.
Selon Tarlier et Wauters, l'étymologie la plus acceptable fait dériver Noduwez des mots “noa” ou “noe” qui signifie prairie et de “wez”, c'est-à-dire gué. Noduwez voudrait donc dire gué dans la prairie.
Quant à Libertange, qu'on écrivait par exemple dans le passé Libretinges, Libertainnes, Libertenge, Libertignie, son nom signifie la Maison de Libert. Les révélations que le sol de Noduwez nous a faites, en particulier les objets de l'âge de la pierre qu'il nous a livrés, permettent de conclure à une occupation du territoire du village par les hommes du néolithique (+/- 4000 ans avant JC). Au XIIe siècle, Noduwez et Libertange, qui constituaient deux villages distincts dépendant de la chef-mairie d'Orp-le-Grand, relevaient de l'autorité du duc de Brabant. Celui-ci, au début du XIIIe siècle, libéra les habitants des deux localités des taxes serviles. Au cours des siècles, Noduwez connut quelques années pénibles durant lesquelles ses habitants subirent le pillage, l'incendie ou le saccage de leur village, ou encore furent frappés par l'épidémie.
A titre d'exemples : en 1466, au lendemain de la victoire de Philippe le Bon à Montenaken, le village est incendié; en 1597, il est frappé par la peste; en 1635, il est dévasté comme Marilles par l'armée franco-hollandaise; à la fin du XVIIe siècle, lors des guerres de Louis XIV, il est à nouveau saccagé et son église incendiée...
Au Moyen Age et à l'époque moderne, plusieurs propriétaires fonciers se partageaient la terre de Noduwez. Les ducs de Brabant y détenaient certains biens. Quelques seigneuries, dont la plus importante était celle de Gollart (Gollard) (voir pg 23), y possédaient un domaine. Le reste était, la plupart du temps depuis le XIIe siècle, la propriété d'institutions religieuses, comme les abbayes d'Heylissem, de la Ramée, de Villers et les chapitres de Saint-Lambert ou de Saint-Jean l'Evangéliste, tous deux de Liège. Au début du XVIIe siècle, les biens et droits de la couronne ducale furent vendus au Seigneur de Gollart. Libertange, où le duc de Brabant possédait aussi quelques prairies, fut pendant des siècles un domaine privé. Par donations et échanges, l'abbaye d'Heylissem en devint propriétaire au XIIIe siècle. En 1626, la juridiction de Libertange passa à Philippe Van Vlierden. Elle sera cédée en 1648 à Jean d'Argenteau, seigneur de Linsmeau. Elle passera, ensuite, successivement aux familles Le Roy (d'Euleghem), Le Roux, Le Roy (de Bindervelt), d'Arrazola d'Ognate et, en dernier lieu, à la fin du XVIIIe siècle, au baron de Nicolaerts, dernier Seigneur de Libertange. Au tout début du XIIIe siècle, une église-annexe de celle de Noduwez, la chapelle Saint-Nicolas, avait été érigée à Libertange. Cet oratoire, qu'un cimetière ceinturait, fut fermé sous le régime français et finalement démoli en 1832. Libertange fut définitivement rattaché à Noduwez
en 1794 (An III). De 1824 à 1893, Noduwez-Libertange et Linsmeau formèrent une seule commune dont le siège administratif était installé à Libertange.
La vocation économique du village a, de tout temps, été et est encore essentiellement agricole. Noduwez connut toutefois, au XIXe siècle, une activité originale, à savoir le tissage à domicile qui vaudra aux habitants du village le surnom wallon de "Vis Tècheus" (Vieux Tricoteurs). En 1867, plus de cent cinquante Noduwéziens exerçaient le métier de tisserand. Celui-ci, nourrissant difficilement son homme, régressa à la fin du XIXe siècle et disparut vers 1910.
G. ORP-LE-GRAND
Situé au nord de Jandrain et à l'est de Marilles, le village d'Orp-le- Grand couvre avec ses hameaux de Maret au nord et d'Orp-le-Petit au sud, la portion nord-orientale du territoire d'Orp-Jauche. Il s'étire le long de la Petite Gette et de son affluent le Ry Henri Fontaine en débordant, çà et là, sur les coteaux qui dominent leur vallée. Les plus anciens documents où
figure le nom de la localité parlent de Hadorp, Adorp, Auendorp, Adorp ou encore Hardorp. On trouve aussi des formes plus contractées comme Aorb et Aorp.
Il est généralement admis par les étymologistes que le nom du village provient de l'expression flamande ald-dorp ou oud-dorp (à savoir : vieux village), qui en patois se prononçait aa-dorp, la disparition de la première syllabe donnant Orp. Comme deux localités distinctes s'étaient formées, ayant chacune leur oratoire, on les distingua en adjoignant au nom un qualificatif et on eut ainsi : Orp-le-Petit et Orp-le-Grand. Quant à l'orthographe du nom du hameau de Maret, elle a, comme c'est presque toujours le cas, évolué au cours des siècles. Ainsi on trouve Mareys, Mares, Maresch, Marez, Marex et Maretz puis enfin Maret. Certains étymologistes font dériver Maret du latin marescum, c'est-à-dire marais. Comme presque tous les villages de l'entité, Orp-le-Grand avec ses hameaux d'Orp-le-Petit et de Maret a un passé très lointain. Les fouilles menées sur son territoire ont permis de découvrir, entre autres, un campement magdalénien (+/- 12.000 ans avant JC), des minières néolithiques (+/- 4000 ans avant J-C) et de nombreux objets de cette époque, un village gaulois, les restes d'une villa romaine ainsi qu'un cimetière franc. La première de ces découvertes permet de conclure que l'occupation du site remonte à l'époque paléolithique.
Au cours des siècles, Orp-le-Petit, Orp-le-Grand et Maret, les trois sections du village d'Orp, comme on l'appelait dans le passé, connurent des fortunes tantôt communes, tantôt diverses. Selon certains auteurs, mais cela n'est pas prouvé, c'est à Orp-le-Petit que se seraient installés les premiers habitants d'Orp. A l'époque romaine, un embranchement de la chaussée Bavai-Tongres-Cologne, venant de Grandville (Oreye), rejoignait le centre d'Orp-le-Petit, via Montenaken et Lincent, et s'y prolongeait par des voies secondaires ou "diverticuli", menant à Nivelles, à Wavre, à Tirlemont ou à Namur. Orp-le-Petit était donc un carrefour important et un point de passage obligé pour le franchissement de la rivière. La période franque de l'histoire du village est incontestablement marquée par la personnalité de Sainte-Adèle. Issue de la noblesse hesbignonne, Adèle, qui avait pris le voile à Nivelles, fut, à la fin du VIIe siècle, envoyée à Orp avec quelques jeunes religieuses pour y installer un monastère. Elle construisit à Orp-le-Grand une église et un couvent où se retira, pour y finir ses jours, la comtesse Alpaïde. Celle-ci était l'épouse ou la favorite de Pépin de Herstal dont elle eut Charles Martel. Bisaïeule de Charlemagne, Alpaïde est donc la souche de la puissante dynastie carolingienne. Au XIIe siècle, Orp-le-Petit formait une seigneurie particulière tandis qu'Orp-le-Grand et Maret appartenaient à des communautés religieuses et relevaient de la juridiction des ducs de Brabant. En 1204, comme il l'avait fait pour les habitants de Marilles et de Noduwez, le duc Henri 1er exempta ses sujets d'Orp-le-Grand et de Maret des redevances serviles. Orp devint même, un peu plus tard, une véritable "franchise" et, en 1372, les échevins de la "Franke ville d'Orp" scellèrent de leur sceau la "charte d'alliance" des villes du Brabant. Vers 1300, Orp-le-Grand devint le siège d'une chef-mairie comprenant, outre Orp-le-Grand, Orp-le-Petit et Maret, les villages de Noduwez, Libertange, Lincent, Linsmeau, Hampteau (Op-Heylissem) et Pellaines. Orp n'échappa pas aux malheurs qui s'abattirent sur la région. En 1356, le village est ravagé lors de la guerre opposant le comte de Namur et l'évêque de Liège au duc de Brabant. En 1485, Orp est pillé par les partisans des Arenberg. En 1577, une épidémie de peste décime la population de la localité. En 1637, le village est incendié par la garnison de Maestricht. A la fin du XVIIe siècle, Orp est à nouveau saccagé, cette fois par la troupe de Louis XIV. Enfin, comme les villages environnants, Orp dut subir, au milieu du XVIIIe siècle, les méfaits et brigandages d'une famille de bandits, les Vinckaerts, qui seront pendus en 1754.
En 1795, (an IV), au lendemain de la disparition de l'ancien régime, les deux Orp et Maret furent réunis en une seule commune, qui prendra le nom d'Orp-le-Grand. En 1830, à la veille de l'indépendance de la Belgique, les habitants d'Orp-le-Grand offriront une hospitalité généreuse - gîte et couvert - aux Patriotes liégeois qui, sous les ordres de Charles Rogier, marchaient sur Bruxelles. En témoignage de reconnaissance, le Comité de Subsistance de Liège remettra aux habitants d'Orp un drapeau aux couleurs de la province de Liège qui, de nos jours encore, est précieusement conservé dans la salle du Conseil de l'entité.
Comme on l'a déjà précisé, au XIIe siècle, Orp-le-Petit formait une seigneurie particulière et les autres sections d'Orp appartenaient, pour une bonne part, à des communautés religieuses. A Maret, les ducs de Brabant partageaient la propriété de la majeure partie des terres et de leurs revenus avec les abbayes de Tongerloo, d'Heylissem, de Bonne Espérance, de Gembloux, de la Ramée, de Saint Laurent de Liège ainsi qu'avec les chapitres de Saint-Lambert et de Saint Barthélémy également de Liège. La part la plus importante fut finalement la propriété de l'abbaye d'Heylissem. Au XVIIe siècle, une partie de la terre de Maret passa aux Van Vlierden, puis à Jean d'Argenteau. Vinrent ensuite les "barons de Maret", Jean-Baptiste Van Weerde puis, du début du XVIIIe siècle jusqu'à la révolution française, Charles Bonaventure Van der Noot et ses descendants.
A Orp-le-Grand, les principaux domaines étaient aux mains du chapitre de Fosses, de l'Abbaye de Villers, des religieuses d'Argenton et surtout de l'abbaye de Tongerloo, le propriétaire le plus important. Le corps de logis de la ferme que l'abbaye détenait à Orp-le-Grand, la Cense de Tongerloo, existe toujours au bord de la Petite Gette, à proximité de l'ancienne gare d'Orp. C'est à la seigneurie d'Orp-le-Petit que résidaient jadis les "Adorp" ou Auendorp" dont les noms apparaissent dans des documents du XIIe siècle. Au XIVe siècle, la seigneurie est la propriété de la famille de Diepenbeke puis, au XVe siècle, d'un certain Guillaume de Sombreffe et de ses descendants. En 1477, Orp-le-Petit passe aux mains de Gérard Van den Daele puis entre celles de Josse Vanden Eechoutte et enfin, au XVIe siècle, à la famille de Wignancourt. A la fin du
XVII siècle, la seigneurie d'Orp-le-Petit devient la propriété de Philippe-Balthazar de Villers, fait en 1709, "Seigneur d'Olgrand, Sainte Adile et Orp-le-Petit". En 1739, les biens des de Villers sont rachetés par Isidore-Marie de Lados. Ce dernier vendra à son tour en 1777 ses droits sur les deux Orp à Albert Pierre de Stier, créé baron d'Orp par l'empereur Joseph II. Au début du XIXe siècle, pendant la révolution brabançonne, le baron de Stier dut fuir à l'étranger et ses biens sous Orp-le-Petit passèrent à son neveu, Jean-François de Vinck, qui fut fait baron des deux Orp par le Roi Guillaume des Pays-Bas.
Au plan économique, Orp-le-Grand fut jusqu'au milieu du XIXe siècle une commune à vocation agricole. On y trouvait toutefois à l'époque quatre moulins à farine, une batterie de chanvre, deux tanneries, deux distilleries et neuf brasseries (la cervoise était appréciée ...). L'ouverture, en 1865, de la ligne de chemin de fer Landen-Tamines marqua le début d'un important essor industriel et commercial du village. C'est ainsi que s'ouvrirent à Orp-le-Grand une sucrerie, une cimenterie, une tuilerie, les "Etablissements de Saint-Hubert", fonderies et ateliers spécialisés dans la fabrication de machines agricoles, la "Fonderie et les Ateliers de la Gèthe - I. Colsoul", et enfin une série de petites entreprises de constructions métalliques ou mécaniques comme les ateliers Pascal, Laporte, Mathieu et Libioul.
Dans les années qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale, ces usines et ateliers ont progressivement fermé leurs portes. Les "Constructions métalliques de la Ghète", installées dans les ateliers Pascal, peuvent être considérées comme le seul survivant de ce passé industriel et Orp-le-Grand a retrouvé aujourd'hui, comme les autres villages de l'entité, son caractère rural.
figure le nom de la localité parlent de Hadorp, Adorp, Auendorp, Adorp ou encore Hardorp. On trouve aussi des formes plus contractées comme Aorb et Aorp.
Il est généralement admis par les étymologistes que le nom du village provient de l'expression flamande ald-dorp ou oud-dorp (à savoir : vieux village), qui en patois se prononçait aa-dorp, la disparition de la première syllabe donnant Orp. Comme deux localités distinctes s'étaient formées, ayant chacune leur oratoire, on les distingua en adjoignant au nom un qualificatif et on eut ainsi : Orp-le-Petit et Orp-le-Grand. Quant à l'orthographe du nom du hameau de Maret, elle a, comme c'est presque toujours le cas, évolué au cours des siècles. Ainsi on trouve Mareys, Mares, Maresch, Marez, Marex et Maretz puis enfin Maret. Certains étymologistes font dériver Maret du latin marescum, c'est-à-dire marais. Comme presque tous les villages de l'entité, Orp-le-Grand avec ses hameaux d'Orp-le-Petit et de Maret a un passé très lointain. Les fouilles menées sur son territoire ont permis de découvrir, entre autres, un campement magdalénien (+/- 12.000 ans avant JC), des minières néolithiques (+/- 4000 ans avant J-C) et de nombreux objets de cette époque, un village gaulois, les restes d'une villa romaine ainsi qu'un cimetière franc. La première de ces découvertes permet de conclure que l'occupation du site remonte à l'époque paléolithique.
Au cours des siècles, Orp-le-Petit, Orp-le-Grand et Maret, les trois sections du village d'Orp, comme on l'appelait dans le passé, connurent des fortunes tantôt communes, tantôt diverses. Selon certains auteurs, mais cela n'est pas prouvé, c'est à Orp-le-Petit que se seraient installés les premiers habitants d'Orp. A l'époque romaine, un embranchement de la chaussée Bavai-Tongres-Cologne, venant de Grandville (Oreye), rejoignait le centre d'Orp-le-Petit, via Montenaken et Lincent, et s'y prolongeait par des voies secondaires ou "diverticuli", menant à Nivelles, à Wavre, à Tirlemont ou à Namur. Orp-le-Petit était donc un carrefour important et un point de passage obligé pour le franchissement de la rivière. La période franque de l'histoire du village est incontestablement marquée par la personnalité de Sainte-Adèle. Issue de la noblesse hesbignonne, Adèle, qui avait pris le voile à Nivelles, fut, à la fin du VIIe siècle, envoyée à Orp avec quelques jeunes religieuses pour y installer un monastère. Elle construisit à Orp-le-Grand une église et un couvent où se retira, pour y finir ses jours, la comtesse Alpaïde. Celle-ci était l'épouse ou la favorite de Pépin de Herstal dont elle eut Charles Martel. Bisaïeule de Charlemagne, Alpaïde est donc la souche de la puissante dynastie carolingienne. Au XIIe siècle, Orp-le-Petit formait une seigneurie particulière tandis qu'Orp-le-Grand et Maret appartenaient à des communautés religieuses et relevaient de la juridiction des ducs de Brabant. En 1204, comme il l'avait fait pour les habitants de Marilles et de Noduwez, le duc Henri 1er exempta ses sujets d'Orp-le-Grand et de Maret des redevances serviles. Orp devint même, un peu plus tard, une véritable "franchise" et, en 1372, les échevins de la "Franke ville d'Orp" scellèrent de leur sceau la "charte d'alliance" des villes du Brabant. Vers 1300, Orp-le-Grand devint le siège d'une chef-mairie comprenant, outre Orp-le-Grand, Orp-le-Petit et Maret, les villages de Noduwez, Libertange, Lincent, Linsmeau, Hampteau (Op-Heylissem) et Pellaines. Orp n'échappa pas aux malheurs qui s'abattirent sur la région. En 1356, le village est ravagé lors de la guerre opposant le comte de Namur et l'évêque de Liège au duc de Brabant. En 1485, Orp est pillé par les partisans des Arenberg. En 1577, une épidémie de peste décime la population de la localité. En 1637, le village est incendié par la garnison de Maestricht. A la fin du XVIIe siècle, Orp est à nouveau saccagé, cette fois par la troupe de Louis XIV. Enfin, comme les villages environnants, Orp dut subir, au milieu du XVIIIe siècle, les méfaits et brigandages d'une famille de bandits, les Vinckaerts, qui seront pendus en 1754.
En 1795, (an IV), au lendemain de la disparition de l'ancien régime, les deux Orp et Maret furent réunis en une seule commune, qui prendra le nom d'Orp-le-Grand. En 1830, à la veille de l'indépendance de la Belgique, les habitants d'Orp-le-Grand offriront une hospitalité généreuse - gîte et couvert - aux Patriotes liégeois qui, sous les ordres de Charles Rogier, marchaient sur Bruxelles. En témoignage de reconnaissance, le Comité de Subsistance de Liège remettra aux habitants d'Orp un drapeau aux couleurs de la province de Liège qui, de nos jours encore, est précieusement conservé dans la salle du Conseil de l'entité.
Comme on l'a déjà précisé, au XIIe siècle, Orp-le-Petit formait une seigneurie particulière et les autres sections d'Orp appartenaient, pour une bonne part, à des communautés religieuses. A Maret, les ducs de Brabant partageaient la propriété de la majeure partie des terres et de leurs revenus avec les abbayes de Tongerloo, d'Heylissem, de Bonne Espérance, de Gembloux, de la Ramée, de Saint Laurent de Liège ainsi qu'avec les chapitres de Saint-Lambert et de Saint Barthélémy également de Liège. La part la plus importante fut finalement la propriété de l'abbaye d'Heylissem. Au XVIIe siècle, une partie de la terre de Maret passa aux Van Vlierden, puis à Jean d'Argenteau. Vinrent ensuite les "barons de Maret", Jean-Baptiste Van Weerde puis, du début du XVIIIe siècle jusqu'à la révolution française, Charles Bonaventure Van der Noot et ses descendants.
A Orp-le-Grand, les principaux domaines étaient aux mains du chapitre de Fosses, de l'Abbaye de Villers, des religieuses d'Argenton et surtout de l'abbaye de Tongerloo, le propriétaire le plus important. Le corps de logis de la ferme que l'abbaye détenait à Orp-le-Grand, la Cense de Tongerloo, existe toujours au bord de la Petite Gette, à proximité de l'ancienne gare d'Orp. C'est à la seigneurie d'Orp-le-Petit que résidaient jadis les "Adorp" ou Auendorp" dont les noms apparaissent dans des documents du XIIe siècle. Au XIVe siècle, la seigneurie est la propriété de la famille de Diepenbeke puis, au XVe siècle, d'un certain Guillaume de Sombreffe et de ses descendants. En 1477, Orp-le-Petit passe aux mains de Gérard Van den Daele puis entre celles de Josse Vanden Eechoutte et enfin, au XVIe siècle, à la famille de Wignancourt. A la fin du
XVII siècle, la seigneurie d'Orp-le-Petit devient la propriété de Philippe-Balthazar de Villers, fait en 1709, "Seigneur d'Olgrand, Sainte Adile et Orp-le-Petit". En 1739, les biens des de Villers sont rachetés par Isidore-Marie de Lados. Ce dernier vendra à son tour en 1777 ses droits sur les deux Orp à Albert Pierre de Stier, créé baron d'Orp par l'empereur Joseph II. Au début du XIXe siècle, pendant la révolution brabançonne, le baron de Stier dut fuir à l'étranger et ses biens sous Orp-le-Petit passèrent à son neveu, Jean-François de Vinck, qui fut fait baron des deux Orp par le Roi Guillaume des Pays-Bas.
Au plan économique, Orp-le-Grand fut jusqu'au milieu du XIXe siècle une commune à vocation agricole. On y trouvait toutefois à l'époque quatre moulins à farine, une batterie de chanvre, deux tanneries, deux distilleries et neuf brasseries (la cervoise était appréciée ...). L'ouverture, en 1865, de la ligne de chemin de fer Landen-Tamines marqua le début d'un important essor industriel et commercial du village. C'est ainsi que s'ouvrirent à Orp-le-Grand une sucrerie, une cimenterie, une tuilerie, les "Etablissements de Saint-Hubert", fonderies et ateliers spécialisés dans la fabrication de machines agricoles, la "Fonderie et les Ateliers de la Gèthe - I. Colsoul", et enfin une série de petites entreprises de constructions métalliques ou mécaniques comme les ateliers Pascal, Laporte, Mathieu et Libioul.
Dans les années qui ont suivi la fin de la deuxième guerre mondiale, ces usines et ateliers ont progressivement fermé leurs portes. Les "Constructions métalliques de la Ghète", installées dans les ateliers Pascal, peuvent être considérées comme le seul survivant de ce passé industriel et Orp-le-Grand a retrouvé aujourd'hui, comme les autres villages de l'entité, son caractère rural.